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Mille milliards de mille sabords

Bip bip, déjà 4 mois écoulés dans ce périple !

Et histoire de passer ce cap en beauté, un enième craquage de flashpackers nous pousse à réserver 3 nuits au Régalia de Kuala Lumpur, juste avant de rejoindre l’Indonésie.

Du moins c’est ce que nous pensions, mais Air Asia en aura décidé autrement.

Nous laissons donc Tacloban derrière nous pour rallier Manille avec 3h de retard, menant à un inévitable loupé de notre correspondance. Bloqués ici pour la nuit, nous installons notre lit douillet de fortune sur le carrelage de l’unique pièce de cet aéroport international, avec, on vous le fait en mille, une vue imprenable sur notre avion pour KL. Oui, celui-ci est coincé sur le tarmac depuis 2h, mais pour cause d’embarquement terminé, impossible pour nous de sauter à son bord, parole de douanes philippines. 1h de torture plus tard, c’est avec émoi que nous regardons décoller le vol PQ-325 devant nous mener vers notre lit king size, notre douche chaude et un peu de calme. Raté.

Allez, on ne va pas se laisser mourir de faim non plus, direction le McDo à 500m. Enfin tentative de McDo uniquement. La sécurité de l’aéroport nous en dissuidera rapido parce que tu comprends, il est 18h, et qu’à 18h à Manille, c’est un peu craignos d’aller au McDo pour deux étrangers. Mais pourquoiiiiiiiiiii ?!!!?

Le vol du lendemain matin nous conduira tout de même à bon port, et après 3 jours à se la kiffer dans notre deuxième maison, nous volons à nouveau pour notre dernier pays d’Asie (déjà).

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C’est parti pour 2 mois en Indonésie, où notre itinéraire n’a pas été des plus simples à ficeler. Clem a déjà séjourné ici plusieurs semaines, cette destination est relativement à la mode et donc remplie de nous autres touristes, et qui plus est, nous y sommes de mi-juillet à mi-septembre, soit en pleine saison.

Nous prenons ainsi le parti d’attaquer le séjour par une île un peu moins convoitée que les autres, pour finir par Bali début septembre. Pour le reste, on improvisera.

Les Célèbes (ou Sulawesi), tout au nord du pays, marquent ainsi le début du périple dans cet archipel aux 17 000 Îles. Arrivés au sud par Makassar, c’est en plein milieu de l’île, et plus exactement en pays Toraja, que le bus de nuit nous conduit pour notre premier jour.

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Cette région est notamment connue pour ses cérémonies funéraires et sacrifices d’animaux (principalement de buffles), où tout le monde, et surtout les étrangers, sont cordialement invités. Ici, on respecte le passage dans l’au-delà, à tel point que les défunts sont conservés avec du formol et autres conservateurs, le temps que la famille entière soit réunie et récolte suffisament de roupies pour organiser une cérémonie digne de ce nom. Du coup, on reste parfois 10 ans avec le corps du défunt dans le salon en guise de table basse… #maisondumonde

Une fois les caisses remplies, l’enterrement est célébré en grande pompe, sur 3 jours. Le clou du spectacle consiste à sacrifier plusieurs dizaines à plusieurs centaines de buffles, pour assurer force au mort lors son passage post-mortem. Quant à nous, nous passerons uniquement par la case pause thé du 3ème jour, n’étant pas très friands de sacrifices (parfois qualifiés de « boucherie » ou « massacre » par les quelques touristes avec lesquels nous en aurons discutés).

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La route vers les cérémonies à travers montages et villages nous invite tout de même à admirer de splendides rizières en cascade, équivalent à ce que nous avions vu en Birmanie. Mais cette fois, la saison sèche n’est pas au rendez-vous, et le panorama est à l’apogée de son spectacle.

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On en redemande, et histoire s’immerger encore plus dans la culture du riz, nous partons pour un trek de 2 jours. Même pour un prix que l’on pourra qualifier de vol à l’Indo, nous verrons les paysages parmi le plus beaux de ce début de voyage. Oui des rizières encore, mais on ne s’en lasse pas, vraiment pas.

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La halte nocture se fait classiquement chez l’habitant, pour un somme dans un maison traditionnelle censée représenter un bateau à l’envers pour les uns, ou des cornes de buffle pour les autres. Nous, on accepte les deux théories, tant que les coqs ne s’éguosillent pas trop à 5h du mat, ça nous va.

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L’heure du dîner approchant, notre hôte partira à la chasse à la poule, dans son propre jardin. L’heureuse gagnante sera déplumée illico et cuite avec les herbes ramassées lors de nos quelques heures de trek. Notre guide s’empifrera ailes, blancs et cuisses avant de sonner l’heure du repas, nous laissant la carcasse comme seul festin. Pas de soucis, nous sommes bons joueurs et surtout affamés.

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Le retour à la ville le lendemain marque notre départ vers les îles Togians plus au nord, supposément paradisiaques. Alors dis nous Jackie, comment on y va dans tes îles?

10h de bus, un changement , 5h de bus, 12h de bateau, et pour quitter l’île, 5h de bateau 2 fois par semaine, 10h dans un bus, puis 12 dans un autre pour arriver à Manado.

OK, c’est vu.

Tant pis pour les Togians, nous rebroussons chemin et partons à Pinta Bira plein sud pour se la couler douce. Oui, nous sommes vraiment des flashpackers, mais on assume. Oui, Madame F. Trut avait raison.

Notre taxi partagé ne prendra lui que 13h pour rejoindre notre destination à la pointe Est de la branche Ouest des Célèbes. Nous avons hâte d’arriver dans ce qui est dit être la plus belle plage de l’île.

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J0 à Pinta Bira : what ? c’est ça la plus belle plage de Sulawesi ? Y’a des déchets partout, strictement rien à faire dans le coin, les guesthouses sont pas top, et c’est bliiiindé de touristes locaux.

J+1 : bon OK il y a des plages sympas un peu plus loin. Qui plus est, nous sommes arrivés en plein week-end, et les plages se vident déjà en ce lundi.

J+2 : les plages plus loin sont vraimmmment magnifiques, recouvertes d’un sable blanc et bordées d’une eau turquoise, souvent vierges de toute habitation. Les locaux ont de belles histoires à conter, comme les proprios indo/anglais de notre guesthouse Gav et Nini, ou encore ce vieux loup de mer de Denis. Denis, avec qui nous organiserons pendant notre halte un tour en bateau inoubliable que voici.

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Deux jours à visiter le coin et laisser le soleil nous transformer en hollandais cramés, et nous rencontrons Denis lors du souper au Salassa, resto fétiche de tous ceux se rendant jusqu’ici.

Denis, ex-skieur et marseillais de surcroit, a tout plaqué voilà 25 ans pour naviguer entre Asie, Océanie et Amérique du sud.

Depuis 4 ans, le voilà reconverti en constructeur de bateaux à Pinta Bira. Et un bateau justement, il en a un a lui, et organise des journées détente à son bord.

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Même si nous savons que ce dernier s’est malheureusement scratché contre le littoral voilà 24h, c’est la fleur au fusil que nous donnons rendez-vous à Denis deux jours plus tard pour une escapade maritime. Quelques réparations s’imposent mais pas de soucis, après demain, tout sera réparé – parole de loup de mer.

9h tapantes 48h plus tard, et nous retrouvons notre capitaine.

À première vue, l’analyse du bateau nous laisse perplexe :

– La batterie n’est pas encore chargée

– La barre est introuvable, et pour y palier on a improvisé : une personne barre à l’arrière avec un planche de bois cloutée à-même le gouvernail, une autre à l’avant tire à-même le cable d’accélérateur, dont la manette ne sera installée que plus tard…

Bref, nous montons coûte que coûte, et c’est parti. On tourne la clé et, le bateau ne démarre pas.

No problemo. On lève le capot du moteur au milieu de l’habitacle, on rejoute de l’eau douce, on pompe à la bouche l’eau de mer pour palier la pompe à eau qui fuit, un coup de pied dans le marche avant, on referme le capot, un grand sourire du capitaine, et flip flop cap sur Tana Beru ! Vitesse de croisière 8 noeuds, contre les 14 possibles, faute d’hélice trop petite :-)

C’est, vraiment cette fois-ci, parti pour une visite tout en douceur du littoral. Denis ne nous avait pas menti. La côté est découpée par d’énormes rochers ou falaises, et parsemée de plages blanches dessertes, précédant une végétation en arrière-plan pour le moins dense.

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Une heure à profiter du paysage pour débarquer sur ce qui fait l’une des autres réputations de Bira : ses dizaines de fabriques de bateaux en bois et scieries associées, le tout en bord de plage. Denis à ses entrées, nous permettant de visiter le bateau d’Alain, lui aussi expatrié ici. Nul besoin d’être un menuisier aguerri pour comprendre que ces ouvriers sont des artistes. Le rendu de ce bateau en chantier depuis 2 ans est une merveille, et l’on comprend aisément d’où cette réputation tient.

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Une pause nasi goreng (riz frit – 90% de notre régime depuis 2 mois), et nous repartons aux alentours de 16h vers notre port d’attache. La marée descendante n’aidant pas, nous devons nous presser pour faire le chemin retour.

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30 min plus tard, nous apercevons notre point d’amarage à bâbord, mais voguons à tribord toute.

Oooooooh Denis ?! Qu’est ce qui se paaaaaaaaah. Ah ok.

La barre de fortune s’est pétée, nous laissant dériver, tanguer au bon vouloir du courant et des vagues. Espérons que ça dure pas trop longtemps, ou le nasi goreng risque d’aller nourrir les poissons fissa-fissa.

Pas de panique les marins. Une planche de bois, un coup de marteau et quelques clous. Le tour est joué, nous pouvons repartir. Nous nous dépêchons de plus belle, et questionnons Captain Haddock pour savoir si le niveau de l’eau nous permettra d’arriver à bon port.

« Pas de soucis, on devrait y arrivvvvvéééééééh….merde ». Comme prévu, nous venons de nous échouer lamentablement sur les coraux.

Pas de soucis encore, le rivage n’est qu’à 100 m. Une petite marche de nuit avec 90cm de fond sur des coraux éguisés comme des couteaux résoudra notre problème. Hormis une perte de tongues, entraînant mon déséquilibre, entraînant à son tour une chute de notre sac à dos dans l’eau, cette dernière étape marquera la fin de notre journée de plaisance, ou plutôt journée d’aventure.

Comme disent nos 2 camarades de fortune espagnoles :  » Al final fue barato para une dia de adventura total ! »

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Anyway, merci à Denis pour sa gentillesse et cette balade in fine extra, ce fut une sacrée bonne journée !

Plus que 5 jours sur les 3 semaines que nous passons aux Célèbes. Nous quittons avec un petit pincement au coeur cet endroit, direction plein nord pour Bunaken, soit disant l’un des meilleurs spots de plongée au monde… Let’s go !

One thought on “Mille milliards de mille sabords

  1. Pas de souci on suit de près vos exactions en pays Indo. Vous pensez sérieusement revenir en bateau ?

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