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Victoria, the place to be

Avec tristesse et excitation, nous volons 6 heures durant au-dessus de l’océan Indien et d’une bonne partie de l’Australie. Nous atterrissons au pays du barbecue et du bush, non pas pour une session road trip, mais bien pour troquer notre backpack contre une armoire, et notre hôtel pour une place en colloc.
Fini les pieds nus et les cheveux aux vents, les dialectes insolites et l’odeur de friture omniprésente, nous revoilà en Occident.
Notre pied à terre pour les 3 prochains mois se nomme Melbourne. L’occasion notamment de déclencher l’opération retrouvaille famille. Car avec ses 4,4 millions d’habitants, la plus deuxième plus grande ville du pays compte parmi elle le frère cadet de Clem – Etienne, parachuté en juillet ici pour une année sabbatique. Pardon, universitaire.
Quoiqu’il en soit, le beau-frère nous attend à l’aéroport pour nous emmener, en voiture svp, vers son fief du quartier nord de Melbourne, Bundorra.
Les 45 min de voiture sur la voie rapide nous paraissent hors contexte par rapport à ce que nous venons de vivre ces derniers mois. On pense à une transition de quelques heures vers un nouvel aéroport qui nous transportera à nouveau sur le siège de Karisma, ou en rando avec Jojo.

Le temps d’une semaine histoire de se remettre dans le jus et de régler les formalités administratives, et nous nous mettons à la recherche d’appart ou maison sans Stéphane Plaza, mais avec Gumtree, le bon coin anglophone. 7 jours de recherche pour finalement pencher pour l’opposé de ce que nous avions imaginé ; la carte postale vendait plus une maison avec immense jardin, barbecue et collocs australiens bodybuildés prêts à en démordre avec les apéros d’été brûlant. Non, finalement, nous optons pour un petit appart en colloc avec un pas petit colloc. Raymond, 30 ans, Maori débarqué tout droit de NZ, 1m80 et des biceps à faire frémir Hélène, et les Garçons aussi. Gentil comme tout le garçon. D’autant plus qu’à la maison, la TV et les cacahuètes sont prêtes pour la Coupe du Monde de rugby dont le coup d’envoi sera donné quelques jours plus tard. Impeccable.
Manque de bol, la veille de notre emménagement, le Raymond nous pose un lapin. En cause : l’ancien locataire partit en direction d’Amsterdam rejoindre sa copine, devenue ex par téléphone dans la file d’attente du dépose bagage de l’aéroport de Melbourne. Damn.
Nous reprenons ainsi nos recherches et en une journée, le rêve australien se réalise. Tant pis pour la Coupe du Monde.
A nous également les quartiers nord de Melbourne, et plus précisement Thornbury, pour une colloc à 4 dans une vraie maison assortie de son immense jardin et barbecue. Pas de bodybuildé, mais un australien et un thaï ceinture noire de taekwondo, histoire d’avoir un peu de répondant avec les voisins, pour le coup bodybuildés, on ne sait jamais.
In fine, le good Karma Asiatique ne semble pas encore s’être évaporé.

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Pas d’inquiétude, nous aurons tout de même des nouvelles de Raymond après le quart de final de la Coupe du Monde avec un mémorable, je cite : « On behalf on New Zealand rugby, I’d like to apologize for embarrasing France this morning ». Traduire par « On vous a bien torché hier soir ».
L’installation faite, nous pouvons passer aux choses sérieuses. La ville étant cycle-friendly, nous ne pouvons pas échapper à l’achat d’un vélo. De toutes manière, les finances n’autorisent pas plus de folie.

Hormis à l’initiation à l’accent du bush, l’arrêt « Australie » est aussi l’occasion de remplir le portefeuille.
Permis Vacances Travail en poche, nous voilà repartis pour une recherche de boulot active. Pas question de costard, de meetings et PPT, l’idée est de trouver un petit travail payant le loyer, et nous laissant du temps libre pour arpenter la région.

Après quelques lâchés de CV, nous trouvons nos premiers jobs respectives.
Clem se revêtit d’un tablier pour servir ses premiers cafés soy-almond-milk-3/4 decaf picollo latte, tandis que je me retrouve égérie d’un épisode de Pimp My Ride à nettoyer des voitures au Car Wash d’en face avec toute la communauté Indienne du quartier. N’oublions surtout pas Isabella, l’adorable petite fille dont Clem prendrait soin tous les vendredis.

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Les semaines passent déjà à une allure folle, et à peine un mois plus tard, on réalise à quel point nous retombons vite dans le vélo / boulot / dodo.
Néanmoins, notre quotidien se trouve rapidement stimulé par l’énergie dégagée par Melbourne.
Pour être honnête, nous n’étions pas relativement emballés par la ville lors de nos premières semaines. Mais comme nous l’avions entendu à plusieurs reprises, Melbourne est une ville qui se vit, et pas qui se visite.

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Oubliez les sites historiques de rêve ou les centres d’intérêts des capitales Européennes. Tout passe dans cette ville par la scène musicale, les évènements sportifs, la nature environnante, les escapades en vélo et la sérénité qui s’en dégage. Sorti de l’hyper centre « CBD », vous ne trouverez que très peu de bâtisses comptant plus de deux étages. On privilégie un espace ou le ciel est visible sans se faire un torticolis.
En résulte une ville basse ou le Grand Melbourne s’étend sur une superficie grande comme plus de 70 fois Paris (ou 447 fois le Puy en Velay pour les puristes).

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Côté occupation, l’envie de faire quelque chose qui nous plaît pendant notre temps libre est également là.
Et puisque nous avons du temps, autant en donner.
Quelques recherches, et Clem trouve LE bon plan. Elle prend part à l’histoire d’un food truck récemment lancé par deux frères australiens d’à peine 20 ans : Crêpes for Change.
Grosso modo, histoire de contribuer à leur échelle à aider les jeunes SDF de Melbourne, le food truck reverse ses bénéfices à des organisations prenant en charge ces problématiques. L’accent français aidant, c’est à coup de crêpes que Clem participe à cette aventure à raison de 5 à 6 fois par mois.

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De mon côté, allez savoir pourquoi, je me lance dans la mécanique vélo et me retrouve sur les conseils de mon colloc au OpShop du coin (équivalent d’Emmaüs), à réparer les cadavres de deux roues délaissés par leurs proprios, et qui seront mis à la vente une fois retapés.
Bref, vous l’autre compris, une vie sans réelle pression et plutôt agréable à vrai dire.

Qui plus est, j’en ai fini de frotter l’éponge sur les Maseratis de la communauté italienne du coin. Oui, fini d’être exploité par des indiens pour quelques dollars de l’heure. The « Lunch Guys » sera ma salvation. C’est vêtu d’un tablier et d’un chariot remplis de plat préparés que j’entonne chaque matin dans les open-spaces du CBD mon slogan « Morrrrrning teeaaaa and lunchesssss », souvent incompris.
– “What do you say? “Morning tea” and what?
– Lunches :)
– Lun what ?
– Lunches.
– Ohhhhh Luuunches”
… Bitch.

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Ce boulot tombe à pic, car même après nous être essayés à d’autres métiers d’un jour tel que jardinier ou timber man avec mon cousin François, ce job colle parfaitement avec l’idée que je m’étais faite du travail ici : matinal, laissant du temps libre pour profiter du reste de la journée.
Mais au fait, vous avez dit François ? Oui François de la fratérie Bourgault fera un sejour de quelques semaines  à la maison. En escale sur son road trip Perth / côte Est, je le retrouve ainsi 10 ans , 30 cm de taille et 40 de cheveux en plus après notre dernière rencontre en France. Trop extra !
Entre deux crêpes et trois rayons de vélo, notre emploi du temps pas des plus chargés laisse quant à lui certains créneaux pour découvrir la ville du street art. A nouveau, ne cherchez pas les traces des vestiges historiques, ils ne se font que trop rares, mais focalisez-vous plutôt sur l’art moderne, les expositions, et surtout pensez, dormez et mangez caféine.
Ca y est, nous sommes dans le moment hipster du voyage. Margaux et Rémy avaient vu juste. « Vous allez adorer Melbourne, les petits cafés et la culture qui va avec ». Pas faux, rien que dans la rue principale de Thornbury, faites 300 mètres et vous ne trouverez pas moins d’une vingtaine de coffee shop plus stylés les uns que les autres. Sans y avoir réellement prêté attention quand nous étions en France, nous prenons goût aux latte, cappuccino, moccaccino, flat white, et autre piccolo. Et dire qu’on se foutait bien de la gueule des anglais avec leur cafés au lait… nous voilà à moitié rosbif à présent.

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2 mois et demi se sont déjà écoulés, et le suivi de notre parcours nous pousse à décoller pour la Nouvelle Zélande à la fin de la prochaine quinzaine, pour un retour en France dans la foulée.
Comme nous nous en doutions, impossible de terminer l’aventure si brutalement. Nous venons à peine de prendre nos marques ici. Il est dit que l’expérience doit être poussée un peu plus. Billet retour pour Melbourne pris, nous reviendrons ici suite à notre passage Maori. D’autant plus que nous avons grillé nos PVT australiens, alors autant en profiter au max.

Mais avant de passer à l’aventure Néo Z, nous devons nous occuper de quelqu’un.
Jules, le revoilà. Impossible de s’en défaire. En voyage d’affaires à Singapour puis en Australie (pardon), l’angevin vient passer 10 jours au 125 Collins Street. 8 mois sans nous, ça commençait à faire trop pour le petit.

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Sa présence est un excellent moyen de booster un peu notre expérience dans la région de Victoria.
Les cafés, la visite de la ville, mais surtout la Great Ocean Road sont inscrits sur l’agenda de ces 10 jours.
La route côtière la plus célèbre d’Australie vaut effectivement l’escapade, et nous n’échapperons pas ainsi pas aux 12 apôtres et à nos premiers kangourous :).

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Le clou du spectacle se fera au retour de ce road trip de 2 jours. En prime time, spécialement pour Jules, c’est remontés comme des coucous et après avoir écouté en boucle depuis 1 semaine leur best of que nous nous rendons à L’eithad Stadium pour un concert mémorable d’AC/DC. Pour les plus sceptiques, oui ils sont toujours vivants.
La vérité, c’est que le concert ne restera pas dans les annales des concerts par manque cruel d’ambiance, mais le moment aura quand même été appréciable.

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Avec émoi, nous laissons partir Jules vers son triste boulot direction le nord de l’Australie et Cairns.
Quant à nous, nous reprenons notre petit vie, et préparons à nouveau notre sac à dos pour le road trip Vigouroux / Laurent / Gaillard / de Maroussem au pays de Raymond. Aller Ray, tu vois qu’on n’est pas rancunier.

PS : « Victoria, the place to be », c’est ce qu’il est inscrit sur les plaques d’immatriculation des voitures de l’Etat 😉

One thought on “Victoria, the place to be

  1. J’addooreeee
    Revival apres 4 mois d’attente de cet article :)
    A bientot pour un ultime épisode??
    On vous embrasse !! ❤️❤️

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